
L’individu est en passe de retrouver sa place, là même où la virtualité semblait encore il y a peu reléguer définitivement toute forme d’humanité à l’arrière-plan: au sein de la marmite Internet, en perpétuelle ébullition et évolution. A l’image des business models, qui regroupent l’ensemble des mécanismes permettant à une entreprise de créer de la valeur ajoutée pour la transformer en profits, il s’agit désormais de repenser chaque application en plaçant l’utilisateur au cœur de la stratégie de l’entreprise. A cette fin, Internet s’est vu peu à peu commué en plateforme d’échanges.
De nouveaux concepts web ont dès lors vu le jour: blogs (journal intime / carnet de bord numérique accessible à chaque internaute), wikis (sites contenant des pages web libres et modifiables par les utilisateurs, dans un but de partage et d’écriture collaborative), réseaux sociaux (services de mise en relation entre utilisateurs partageant centres d’intérêt ou intérêts professionnels communs).
La “révolution”, son terreau, ses ramifications
C’est cette idée d’un Web participatif qu’exploitent Carlo Revelli et Joël de Rosnay, fondateurs d’AgoraVox, depuis 2005, année de la création du site devenu l’un des plus populaires de la bulle francophone. AgoraVox est une plateforme Internet d’actualités à destination du grand public, dont le contenu est alimenté par les internautes eux-mêmes – à l’instar du pionnier coréen (2000) OhMyNews. Ces derniers jugent également de la qualité et de l’intérêt revêtus par les articles publiés au moyen de l’outil démocratique par excellence: le vote.
Le modèle rédactionnel du site – qui se décline également en un AgoraVox TV, consacré comme son nom l’indique à la vidéo - est ainsi basé sur la collaboration et l’entraide des internautes entre eux, pour les internautes. Non content de faire profiter ses pairs de points de vue personnels sur l’actualité du monde par le biais des technologies mises à sa disposition, le web-citoyen se voit désormais en mesure de définir, voire créer lui-même ladite actualité. Face à l’ampleur du mouvement naissant, nombreux sont les professionnels du journalisme à crier au scandale. Ce que l’on a coutume, déjà, de nommer le journalisme citoyen ne court-t-il pas le grand risque de verser dans l’amateurisme le plus crasse? Quel avenir pour les plateformes abritant tel concept?
Ci-après, une analyse de Daniel Schneiderman, animateur de l’émission Arrêt sur images (France 5) entre 1995 et 2007, émission qui renaît juste de ses cendres… sur Internet.
Pouvons-nous tous nous targuer de posséder la trempe et le recul nécessaire à l’analyse de l’actualité? C’est le débat lancé par un journal même (sommes-nous surpris?): le 13 juillet 2007, un édito du Monde s’en prend de manière frontale aux dits « médias citoyens ». 